Chères Toutes, Chers Tous, Chers Co-signataires,

Même si notre objectif n’a pas été atteint, je tiens à vous remercier pour votre mobilisation et votre courage en signant l’appel à ²ne pas pousser la seringue qui tue².

Le long parcours mouvementé et des débats bien souvent passionnels, sans ouverture aux arguments de sagesse et de prudence des opposants au projet de loi, ont abouti, hier 15 juillet, sous la pression d’Emmanuel Macron, à l’adoption de la proposition de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté par 291 voix contre 241 et 29 abstentions à l’Assemble Nationale. Cette loi a été votée contre ceux qui auront à l’appliquer. Contrairement à ce qui a été dit, elle n’est pas une ²loi de solidarité² et encore moins de sollicitude envers les plus faibles, qui sont tout aussi dignes que les personnes valides. C’est une grave atteinte anthropologique que de supprimer de la loi l’interdit de tuer.

Notre mobilisation, réunissant plus de 5 000 signatures, a été relayée, comme je vous l’avais initialement annoncé, par courrier au Premier Ministre, et par voie de presse aux Députés. Si elle n’a malheureusement pas permis d’inverser la tendance favorable à la proposition de loi, elle a contribué, parmi une quinzaine de collectifs de soignants :

  • au rejet du texte à 3 reprises par le Sénat ;
  • à supprimer quelques motions, comme le délit d’entrave et à limiter les conditions d’éligibilité ;
  • à réduire, au fur et à mesure des débats à l’Assemblée Nationale, l’écart entre les partisans et les opposants à la proposition de loi ;
  • à ce que le Premier Ministre, Sébastien Lecornu, ainsi que le Président du Sénat, Gérard Larcher, saisissent le Conseil constitutionnel.

Certes, la loi vient d’être votée mais, outre ce recours au Conseil Constitutionnel, nous devrons rester mobilisés pour d’une part défendre la clause de conscience et soutenir les Infirmières et Infirmiers, sage-femmes et pharmaciens sur lesquels des pressions seront exercées, et d’autre part rester vigilants quant aux barrières soi-disant infranchissables, limitant les éligibles, qui ne perdront pas de temps pour être attaquées et renversées.

Le combat fut rude et les moyens déséquilibrés mais la mobilisation n’a pas été stérile et les soutiens font espérer une solidarité dans les épreuves qui nous attendent

Alors ! Courage et Merci

Pr Emmanuel Sapin